La forme de l’écu

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LA FORME DE L’ÉCU

Vous avez probablement déjà vu des armoiries, ces étranges logos qui décoraient les armures des chevaliers du Moyen Âge. Ceux-ci, masqués par leur heaume (de gros casque en fer), devenaient difficiles à identifier. C’est grâce aux armoiries associées à leur nom  ou à leur maison qu’on pouvait les reconnaître.

Mais les armoiries ne sont pas réservées aux chevaliers disparus, les villes en ont elles aussi, ainsi que les équipes sportives, certains magasins célèbres en ont aussi, et il y en a même parfois sur des boîtes de fromages. Alors même si les fromages ont des blasons, pourquoi pas nous ? Ce que je propose au fil de ces pages,  c’est d’en composer soi-même.

Il y a cependant quelques principes à connaître que l’on nomme les règles de l’héraldique car c’est le mot qui définit la connaissance des armoiries. Si on y regarde de plus près, une armoirie c’est comme un millefeuille conçu en couches. Au niveau de la première couche, il est possible de choisir parmi plusieurs formes de base. Mais toutes les formes peuvent être armoriées. Pensez aux chevaux si élégamment caparaçonnés des preux adversaires en lice (*)

Alors, prennez du papier, un crayon et des ciseaux à bouts ronds, et entraînez-vous à découper des formes d’armoiries qui ont été utilisées au cours des âges, et  si elles ne conviennent pas, inventez votre propre forme.

Lulu

(*) Phrase à haute teneur en vocabulaire : attention à ne pas pas confondre carapace et caparaçon. Les tortues ont une carapace en corne, les chevaux sont revêtus de caparaçons en tissus brodés. Preux est un mot ancien pour dire courageux. Lice est aussi  un très vieux mot qui se rapporte au tournois de la chevalerie médiévale mais a traversé les siècles. Il s’utilise encore souvent pour parler des participants à une compétition sportive.

TARTAN

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Tartan est le nom donné à une étoffe de laine, tissée de carreaux de couleurs et héritée des peuples celtes. Ceux-ci l’utilisaient pour se confectionner des vêtements (kilt, robe, tunique, braies, plaid…). Les premières traces attestant de la fabrication de ce tissu ont été retrouvées en Chine et datent de 5 500 ans. Les plus vieux artefacts archéologiques que nous ayons pu retrouver et conserver ont 2 800 ans. Le tartan est à la mode depuis longtemps !

Le tartan est fait de fils tissés qui se croisent à angle droit. Les fils verticaux constituent la chaîne, ceux horizontaux constituent la trame. En se croisant, les fils donnent un effet différent en fonction de leur couleur. Lorsque les fils de la chaîne et de la trame sont de la même couleur on obtient un carré uni et lorsque les fils sont de couleurs différentes, on obtient un carré hachuré.

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Plus il y a de fils de couleurs différentes, plus il y aura de couleurs unies et de couleurs mélangées car le croisement de deux couleurs en donne une troisième. Il existe une formule mathématique pour calculer le nombre de combinaison de couleurs possibles : il faut multiplier le nombre de fils de couleurs différentes par ce même nombre + 1 et diviser le tout par 2. Dans notre exemple, cela donne 2 x 3 / 2 = 3

Pour décrire ou tisser un tartan, il faut en connaître le « sett ». Un « sett » est une séquence qui indique les différentes couleurs qui composent le motif du tissu, le nombre de fils utilisé pour chacune et l’ordre dans lequel les couleurs sont rangées. Pour tisser un tartan asymétrique, il faut répéter le « sett » tel quel, aussi bien dans la chaîne que dans la trame. Pour un tartan symétrique, il faut inverser le « sett » une fois sur deux, comme si on le regardait dans un miroir en utilisant la dernière couleur comme pivot, c’est-à-dire sans la répéter.

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Par convention, les couleurs sont symbolisées par la première lettre de leur nom en anglais sauf pour le noir dont on prend la dernière pour ne pas confondre avec le bleu.

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Le tartan est-il un signe de reconnaissance ?

Par le passé, les tartans ont servi à distinguer les rangs sociaux par le nombre de couleurs utilisées (sept couleurs pour le roi, six pour le druide, quatre pour le noble…). Le tartan a aussi servi à différencier les habitants par secteurs géographiques, par famille mais à vrai dire, tout le monde s’habillait déjà un peu comme il voulait, et s’échangeait des coupons de tartan pour pouvoir mélanger les motifs et les couleurs. Le tartan que tisse la voisine est plus lumineux que le mien, je vais lui proposer d’échanger de mon rouge contre son jaune ! Au court du XVIIIe siècle (de 1700 à 1799), le port de vêtement en tartan a été interdit par de vieux Anglais grognons qui, pour finir, ont changé d’idée.

Au XIXe siècle (de 1800 à 1899), les tartans ont été associés à la notion de clan suite à la publication d’un livre basé sur des trouvailles archéologiques : le Vestiarium Scoticum. Pour finir, tout ça s’est révélé être faux, mais le livre est vraiment beau et le tartan a repris de la vigueur.

De nos jours, les tartans sont enregistrés en Écosse, dans un registre qui regroupe tous les anciens motifs de tartan ainsi que tous ceux récemment créés. Ce registre est valable pour les tartans du monde entier. Il y a de nouveaux enregistrements presque tous les jours !

On y trouve des tartans qui se réfèrent à des clans, des familles ou des individus, des commémorations d’évènements marquants ou historiques, des territoires ou des nations, des fanfares ou des corps militaires, des clubs, des cercles ou des corporations, des établissements scolaires ou des universités, des marques de commerce ou simplement des motifs à la mode. La liste est longue…

Du tartan, il y en a partout et depuis très longtemps. Il en existe même là où nous n’y penserions pas. Ainsi, la célèbre chemise de bûcheron canadien est taillé dans le Rob Roy-McGregor ! Il en existe donc de très nombreux pour tous et pour tout.

Les possibilités de composition d’un tartan sont infinies et lors des camps numériques de Sylvain et Lulu, il arrive même que les iPads se transforment en métier à tisser de magnifiques tartans numériques !

Lulu

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