La soupe aux lentilles

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Voici un «délicieux» album. D’entrée de jeu, vous me permettrez de souligner les abondantes et magnifiques illustrations de Maurèen Poignonec dont je ne connaissais pas le travail. Des illustrations d’une grande délicatesse, finement ciselées et aux détails savoureux. Un très bel ouvrage!

Si les illustrations de Poignonec sont magnifiques, il en va de même pour le texte bien épicé de Carole Tremblay.

Ce livre est une série de devinettes rigolotes et illustrées. Un jeu de devinettes qui s’enchaînent les unes les autres entre un grand et un petit frère. Un petit frère qui ne cesse de poser de question. C’est fou toutes les questions qui peuvent venir à l’esprit d’un enfant devant un bol de soupe au lentilles un peu trop chaude.

D’où elle vient la soupe? D’où ça vient les lentilles? Les carottes? Les oignons? Tout y passe, même l’origine du sel et du poivre.

On sort de ce livre en ayant bien rigolé. Par exemple, à la question d’où vient le poivre, le petit frère se risquera à créer ces choix de réponse: Est-ce des écailles de dragon moulues? Un mélange de cendres et de piment fort? Des cheveux de sorcière réduits en poudre? Imaginez l’ébullition du cerveau des enfants de votre entourage face à ces choix de réponses!

On sort de cet album en ayant appris plein de choses. Par exemple, toujours pour le poivre, cette plante a été découverte sur une toute petite île. Mais de quel océan? Indien? Pacifique? Atlantique? Il faut lire l’histoire pour le savoir!

Si ce livre était un bol de soupe aux lentilles, je dirais qu’elle est relevée et savoureuse, à s’en «pourlécher les babines»! Un album réussi, à lire collé-collé, car il y a plein de petites illustrations à déguster.

Trembaly, Carole (2017). La soupe aux lentilles (illustré par Maurèen Poignonec). Montréal: Éditions la courte échelle.

Sylvain

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La bête à 4 z’yeux

31959905_10155497130008225_7922822254197473280_nVoilà du grand Caroline Merola. Ah! Le bonheur de plonger dans cet album, page après page. Et, pour arriver à la fin, avec une surprise qui nous fait tout reprendre depuis le début. J’ai adoré!

«Un beau matin, à l’orée du petit bois, Sam et Ingrid discutent. Samedi, il y a une fête chez Lulu et chacun apporte son goûter». L’oiseau qui espionnait les deux petites souris comprend tout de travers. Et voilà, la machine à rumeurs est lancée! De l’un à l’autre, elle enfle et enfle encore: un monstre velu et méchant rôde dans la forêt. Oh là là!

Un magnifique album où Merola, avec tout le talent qu’on lui connaît, illustre pour notre plus grande joie la machine à rumeur. L’album idéal pour démontrer aux enfants qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on entend sans vérifier les faits… et nos sources.

Une très belle et rigolote fable, magnifiquement illustrée, où les enfants en sortiront grandis et se seront bien amusés.

Avec plus de 40 titres à son actif, tantôt traduits en anglais, en tchèque ou en espagnol, tantôt en coréen ou même en arabe, Caroline Merola signe ici une oeuvre magnifique qui fera elle aussi le tour de monde, c’est certain!

Oh! Mais suis-je en train de partir une rumeur? Chose certaine, vous allez adorer cet album vous aussi.

Merola, Caroline (2018). La bête à 4 z’yeux. Montréal: Édito Jeunesse-Gallimard Ltée Jeunesse.

Sylvain

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Par la porte des éléphants

31206675_10155469348368225_6238701307545255936_nVoici un bijou de roman illustré, humoristique, concocté avec raffinement par Hélène de Blois et France Cormier Illustration. Un humour fin qui se nourrit des préjugés que l’on entretient parfois face à certaines oeuvres d’art ou face à ceux qui nous sont différents.

Tout dans ce livre est minutieusement conçu. Au départ, les caractéristiques physiques du livre séduisent: couverture rigide, format plus grand qu’un roman mais plus petit qu’un album, illustrations couleurs page après page, juste variation de la typographie pour accrocher le lecteur et la lectrice… Raffiné!

La créatrice France Cormier propose de très belles illustrations épurées et dynamiques, des cadrages variés et amusants. Une de mes préférées est celle où le petit garçon et son ami l’éléphant découvrent une des oeuvres maîtresse du musée qu’ils visitent: «Rectangle bleu sur fond bleu».

Ah! mais c’est vrai, je ne vous ai pas encore dit que ce roman raconte l’histoire d’un petit garçon et d’Émile, son ami éléphant. Les deux copains décident d’aller au musée par un jour de pluie.

Vous comprenez tout de suite qu’en soi, la situation est rocambolesque. Alors, imaginez pire. Surtout, imaginez qu’une chose incroyable – un événement extraordinaire – se produise, le tout en présence d’un gardien de musée à la vision fort restreinte de ce qui est permis ou non dans ce haut lieu de la culture. Vous voyez?

Essayez tant que vous voulez, vous n’arriverez jamais à imaginer ce qu’Hélène De Blois a ficelé comme intrigue avec son écriture rythmée et peaufinée.

La courte échelle peut se féliciter de publier un tel roman. Vraiment. Voici un exemple parfait de ce qu’on a envie de voir sur les rayons de nos bibliothèques et dans les mains des enfants. Une oeuvre de qualité, dans tous les sens du terme, et qui en plus les fera sourire.

Faut-il le rappeler? Les livres sont souvent les premières oeuvres d’art que les enfants croisent dans leur vie. Alors, osons leur offrir des ouvrages de qualité. Par la porte des éléphants propose un esthétisme que vos enfants méritent de découvrir!

De Blois, Hélène (2017). Par la porte des éléphants (illustré par France Cormier). Montréal: la courte échelle.

Sylvain Dodier

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Qui va bercer Zoé?

30704019_10155453708203225_8402133152662814720_nL’écrivaine Andrée Poulin et l’illustrateur Mathieu Lampron nous proposent une oeuvre d’une rare complicité. Mots et illustrations s’entrecroisent à merveille, s’entrelacent et se bonifient pour nous porter subtilement au coeur de l’émotion. Lampron sait jouer de la lumière comme Poulin joue des mots: avec simplicité et raffinement.

Cet album propose une histoire qui aurait pu être très lourde et fort complexe à raconter. Et pourtant, ce n’est pas le cas. On sort de ce livre le sourire aux lèvres, l’oeil un brin humide et le coeur ouvert… avec une envie folle de faire des câlins!

Encore une fois, Andrée Poulin se surpasse. Avec un minimum de mots, quasi découpés au scalpel, elle nous raconte l’histoire de Méo Lebel, un monsieur à la peine si grande qu’il ne peut même plus pleurer. Sa vie croisera celle de la petite Zoé.

Une mort, une naissance, un vieux monsieur, une gentille voisine… et un hôpital. Le décor est planté et les personnages dévoilés, mais je ne vous en dirai pas plus de peur de gâcher votre plaisir.

Je pourrais vous dire tant de choses sur la puissance de tout ce qui n’est pas dit dans cet album mais plutôt évoqué ou induit. Je pourrais aussi vous en dire plus sur l’intelligence émotive des deux créateurs et la nécessité de lire cet ouvrage en famille, mais je vous laisse découvrir par vous-mêmes.

Osez ouvrir cet album. Vous en sortirez illuminés par la tendresse. C’est promis!

Poulin, Andrée (2018). Qui va bercer Zoé? (illustré par Mathieu Lampron). Montréal: Éditions Les 400 coups .

Sylvain Dodier

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Moi, c’est Frida Kahlo

28471606_10155336027258225_5482225182905965665_nPour notre plus grande joie, l’auteure Sophie Faucher et l’illustratrice Cara Carmina collaborent à nouveau pour nous offrir un deuxième et sublime album portant sur l’artiste d’exception Frida Kahlo.

Dans le premier titre «Frida, c’est moi», nous plongions avec ravissement dans l’enfance de cette artiste mexicaine reconnue pour ses autoportraits à la chevelure fleurie. Avec ce nouveau titre, nous retrouvons Frida à l’âge de 18 ans.

Le récit débute par un terrible accident qui laissera Frida Kahlo physiquement diminuée. Faucher, avec la puissance d’évocation dont elle est capable, résume cette étape importante dans la vie de l’artiste en lui faisant tout bonnement dire: «Je suis Frida-en-mille-morceaux!».

Encore une fois, avec ses mots simples empreints de naïveté, mais oh! combien puissants, Sophie Faucher nous fait vivre plusieurs grandes étapes de la vie de Kahlo.

«Je suis Frida-qui-peint-au-lit», «je suis Frida-je-ne-sais-quoi!», «je suis Frida-qui-flotte, «je suis Frida-amoureuse!», «je suis Frida-qui-dit-oui!» «je suis Frida-déracinée!», Je suis Frida-solitude!», «Je suis Frida-le-cœur-brisé!».

Chaque double page nous raconte le parcours de Kahlo ainsi que sa rencontre et son histoire d’amour houleuse avec le peintre Diego Rivera. Histoire d’amour qui marquera tout le parcours artistique de Kahlo. On la suit dans ses voyages autour du monde. Nous la retrouvons aussi réfugiée dans son atelier, la création lui faisant oublier son chagrin et sa santé fragile. Peindre lui fait du bien.

Les illustrations épurées de Cara Carmina, comme dans le premier titre, nous plongent au cœur même de l’approche picturale développée par Frida Kahlo tout au long de sa carrière. C’est tout simplement magnifique!

Je l’avais dit pour le premier titre et je le répète, voici un album original. Un précieux bijou qui vous donnera envie de découvrir avec les enfants de votre entourage les œuvres époustouflantes de Frida Kahlo. Courrez chez votre libraire!

Faucher, Sophie (2017). Moi, c’est Frida Kahlo (illustré par Cara Carmina). Montréal: Gallimard Ltée Jeunesse-Édito Jeunesse. .

Sylvain Dodier

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Dépareillés

22195630_10154978200318225_3966704853495143654_n.jpgUne magnifique ode à la différence! Cet album est d’une délicatesse infinie et d’une beauté enveloppante! Les illustrations de Geneviève Després s’enroulent avec élégance aux mots finement ciselés par Marie-Francine Hébert.

Rose et Blanche sont les meilleures amies du monde. Mais, dès que les adultes tournent le dos, Léo ne fait que les embêter.

En lisant se livre, on se dit qu’on a tous un «Léo» dans notre vie et que comme Blanche, on préférerait sincèrement qu’il n’y soit pas. Mais bon, on doit chacun faire avec notre «Léo»!

Superbement brodés, les mots limpides de Marie-Francine Hébert nous parlent d’intimidation, mais surtout d’espoir et de solidarité. À travers une histoire de chaussettes dépareillées, Hébert raconte ces petits gestes simples qui font la différence dans la vie d’un enfant.

Un livre où l’équilibre entre texte et illustrations est parfait. C’est un bel, un très bel ouvrage qui marquera bien des petits lecteurs, je n’en ai aucun doute!

Ce titre est la troisième publication de la Collection La vie devant toi aux Éditions de la Bagnole. Dirigée par Lucie Papineau , cette superbe collection d’albums illustrés est consacrée aux émotions, aux questions, aux joies et aux peines des enfants qui grandissent.

Le premier titre était Deux garçons et un secret d’Andrée Poulin et Marie Lafrance, le deuxième L’enfant qui n’avait jamais vu une fleur d’Andrée-Anne Gratton et Oussama Mezher et puis voilà ce fabuleux troisième titre: Dépareillés de Marie-Francine Hébert et Geneviève Després.

Vive les amitiés dépareillées!

Hébert, Marie-Francine (2017). Dépareillés ( Geneviève Després – illustration ). Montréal: Les Éditions de la Bagnole.

Sylvain

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Mammouth Rock

21766601_10154962879988225_1981791829893682641_nEn cette rentrée littéraire d’automne, l’auteure Eveline Payette remporte la palme de l’audace avec son tout premier livre: Mammouth Rock. Un mini-roman graphique intelligemment hilarant, réalisé avec la complicité de l’illustrateur Guillaume Perreault.

Un mini-roman ficelé d’une main de maître qui mélange réalité et fiction de manière fabuleuse. Au fil des pages, on en vient à ne plus savoir ce qui relève de la vérité ou de la fiction, que l’on soit grand ou petit.

J’ai lu et relu ce livre, pour moi et à haute voix pour d’autres. Mon plaisir n’a que crû avec l’usage. Chaque fois, j’y ai trouvé une nouvelle entourloupette littéraire ou graphique. Un livre touffu, savoureux, où l’on apprend réellement des trucs et où on délire aussi à plein tube. J’adore!

Le point de départ de ce mini-roman est fort simple, voire banal. Louis doit faire une recherche sur un animal de compagnie et la présenter en classe. Louis choisit d’effectuer une recherche très poussée sur le Mammuthus rockus, un mammouth laineux miniature.

Mais le mammouth, même miniature, est-il réellement un animal de compagnie? Ces animaux ne sont-ils pas tous disparus il y a des siècles? Une hypothèse qui sera renversée par Louis, notre nouveau chercheur de mammouths. Il entend prendre la relève de Voïvoden Mamouten, le grand spécialiste des Elephas primigenius. C’est d’ailleurs en l’honneur de ce scientifique reconnu (hum, hum…) qu’on utilise aujourd’hui le nom commun de mammouth pour nommer ces grandes bêtes.

À titre de lecteur, on tient dans nos mains le cahier de recherche de Louis. Nous le suivons dans sa démarche autrement scientifique. Pourquoi les mammouths rock ont-ils disparus? Hypothèses, tests et fouilles sur le terrains se suivent naturellement.

Pour notre plus grand bonheur, Payette et Perrault osent détourner, sans vergogne et avec un humour intelligent, ce processus scientifique qu’on essaie de nous inculquer depuis notre plus jeune âge. Fabuleux!

Le texte, les illustrations, les choix graphiques et la mise en page, tout dans ce mini-roman graphique est un délice. Même les pages de couverture délicieusement soyeuses!

Dès l’âge de 7 ou 8 ans, les enfants pourront lire ce livre tout seul. Mais, le grand bonheur, c’est de le lire ensemble, de s’attarder aux détails et de rigoler un bon coup en famille ou en classe!

Payette, Eveline (2017). Mammouth Rock (illustré par Guillaume Perreault). Montréal : la courte échelle.

Sylvain

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