When is dad coming home?

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papa3He won’t be coming. The mayor came to let us know. Mother locked herself in her room. I was so sad, I ran away.

Hidden between two bales of hay in the barn, I reread the letters from my father. I looked: the training camp, the boat, the ocean, the English country side, and ’’the Frenchified Street’’as he would say, the ruins, the trenches…. My father took great pleasure in telling us stories illustrated with small sketches

papa1For the last three years he had been telling us about the war, his war. The mail was our one and only link with him. Each day, with expectant hearts, we hoped for a letter. An envelope that would let us know, that our father was still alive in that far- away place. Without us.

Our father called out as he jumped on to train to Valcartier ‘’ the war will be over quickly, we will defeat this tyrant, and I will be home before you know it’’.  He was leaving for training before setting sail to the old country. It was Friday August 28, 1914 at 9:45, the last time I saw my father’s smile

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My father never really described the war, except to say it was hell. And that hell was ugly, noisy, dirty, and smelly. He preferred to tell us about his French and English friends. He told us tales of ‘’ Sir Arthur’’ a little rat he tamed. He had named the rat in honour of Sir Arthur William Currie, a man my father held in high regards.  Dad told us that it was because of him that many Canadian soldiers had been saved. I would like to believe him, but not this time.

 papa4Dad is died. I can’t stop repeating it to myself. He died along with 10600 other men in the Vimy battle field. The mayor told us that this battle was a great victory for Canadians and their allies. For the first time, the four divisions of the Canadian army core fought together and it worked.

Thanks to my father and his friends. It would seem the odds went in our favour. My Father is a hero. Yet ‘’hell’’ just threw a grenade into my life.

Louis, avril 1917

piedTexte : Sylvain Dodier – Illustrations : Luc Pallegoix ©2016 Traduction : Tammy Bailey

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Il rentre quand papa?

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papa3Il ne rentrera pas. Le maire du village est venu nous l’annoncer. Maman s’est enfermée dans sa chambre. J’avais trop de peine, je me suis enfui.

Caché entre deux balles de foin dans la grange, je relis les lettres de papa. J’observe ses dessins faits à la hâte: le camp d’entraînement, le bateau, l’océan, les paysages anglais, les rues « à la française » comme il disait, les ruines, les tranchées… Mon père aimait tant nous raconter des histoires et les accompagner de petits croquis.

Depuis trois ans, il nous racontait la guerre, sa guerre. Le courrier était le seul lien quepapa1 nous avions avec lui. Chaque jour, le cœur serré, nous espérions une lettre. Une enveloppe nous signifiant que papa était toujours vivant, loin, là-bas. Sans nous.

«La guerre ne sera pas longue. On va lui botter les fesses au moustachu et je rentre à la maison!» avait-il lancé en sautant dans le train pour Valcartier. Il partait à l’entraînement avant de voguer vers les vieux pays. C’était le vendredi 28 août 1914 à 9h45, la dernière fois où j’ai vu le sourire de mon père.

Ppapa2apa n’a jamais vraiment décrit la guerre, sauf pour dire que c’était l’enfer. Et que l’enfer
était laid, bruyant, sale et puant. Il préférait nous parler de ses amis français et anglais. Il nous racontait les aventures de «Sir Arthur», son petit rat apprivoisé. Il lui avait donné ce nom en l’honneur de Sir Arthur William Currie, un homme que mon père estimait. Papa disait que grâce à lui la vie de bien des soldats canadiens avait été sauvée. Je veux bien le croire, mais pas cette fois.

Papa est mort. Je n’arrête pas de me le répéter. Mort au combat, sur le champ de bataille àpapa4 Vimy, avec 10 600 autres hommes. Le maire nous a dit que ce fut une grande victoire pour les Canadiens et leurs alliés. «Pour la première fois, les quatre divisions du Corps canadien bataillaient toutes ensemble et ça a marché!»

Grâce à papa et à ses amis, il semble que la guerre ait basculé du bon bord. Mon père est un héros. Mais «l’enfer» vient de lancer un sale obus dans ma vie.

Louis, avril 1917

piedTexte : Sylvain Dodier – Illustrations : Luc Pallegoix ©2016

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Décembre ou Les 24 jours de Juliette

les24joursdejulietteHélène Desputeaux m’a conquis avec son album Décembre ou Les 24 jours de Juliette. Un éloge du vrai, du simple, du quotidien. Une ode colorée à la vie.
Hélène me disait que cet album était très important pour elle. Il rassemble des petits morceaux de son quotidien, de sa vie, de ses amours. Ça se ressent page après page. Elle nous livre ici un savoureux album!
Vous vivrez avec Juliette, sa famille et ses amis, les vingt-quatre jours qui précèdent le «coucou du Père Noël» que la petite attend avec impatience.
Dès la première page, grâce aux superbes aquarelles de Desputeaux, on se retrouve au cœur de l’action. Les illustrations semblent s’animer sous nos yeux. Il y a tant et tant de détails qu’on est happé dès le premier coup d’œil. On se surprend à demeurer suspendu à une scène de longues et sublimes minutes.
Desputeaux dédie cet album à tous les amoureux du rêve et de la fête. Et c’est exactement ce qu’elle nous offre! La recette du bonheur vrai: une grande tablée avec ceux et celles qu’on aime et l’odeur des biscuits chauds qui réchauffent notre cœur!
Lorsqu’on referme ce livre, on connait l’odeur du bonheur: de doux effluves de muscade et de gingembre.
Courez chez votre libraire préféré pour vous procurer ce magnifique album réalisé par l’une des plus grandes créatrices pour les enfants au Canada et publié sous la direction de son complice de toujours: Michel Aubin.
Vos enfants et vous allez l’adorer, c’est certain. C’est si beau et ça fait tellement de bien à l’âme. Vraiment. Un superbe cadeau de famille!

Desputeaux, Hélène (2016). Décembre ou Les 24 jours de Juliette. Montréal: desputeaux+aubin

Sylvain

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La belle histoire d’une vieille chose

labellehistoiredunevieillechoseCet album est profondément touchant, doux, tout doux et d’une beauté enveloppante! Une histoire un brin triste, comme la vie qui inévitablement se termine par la mort. Mais, un album fondé sur une essentielle vérité: toute chose a une histoire!
À travers la vie racontée d’une voiture, qui fut un jour magnifique et rutilante, cet album parle de la vie. Il égrène, page à page, l’usure des jours sur les choses et les gens. Il raconte la nostalgie du temps qui fut, du temps qui passe et qui laisse ses traces.
Divinement bien écrit par Louis Émond, qui nous livre un texte où chaque mot est nécessaire et où les sens se multiplient, cet album est illustré avec toute la bienveillance du monde par Steve Adams. Les tons d’ocre et de bleu nous enveloppent, nous mènent, avec les mots de Louis, à l’essence des choses.
Quand vous tiendrez cet album au format quasi géant entre vos mains, c’est blotti contre votre épaule que les enfants vous écouteront en faire la lecture. Ce livre déclenche instantanément la tendresse et la douceur dès les premières lignes et la première image. Pour les plus vieux comme moi, une petite larme bienveillante sur vos souvenirs apparaitra probablement au fil du récit. Douce nostalgie…
Un album qui passera, j’en suis certain, à l’histoire de la littérature jeunesse canadienne-française (pour utiliser en clin d’œil une vieille expression!)
Une histoire à lire ensemble, absolument! Et si elle est lue par grand-papa ou grand-maman, ça ne sera que plus signifiant et attendrissant. Bonne lecture!

Émond, Louis (2016). La belle histoire d’une vieille chose (illustré par Steve Adams). Montréal : Les Éditions de la Bagnole

SYLVAIN

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Frida, c’est moi

fridacestmoiJe vous propose de laisser entrer dans votre vie et dans celle de vos enfants, une femme et artiste d’exception: Frida Kahlo, artiste mexicaine connue pour ses magnifiques autoportraits à la chevelure fleurie.
Dans ce très bel et touchant album, Sophie Faucher donne la parole à Frida, l’enfant. Elle se raconte au quotidien, à travers ses joies et ses peines, sa maladie, mais aussi sa détermination. Nous découvrons au fil du récit ce qui fera de Frida une artiste!
Des textes profonds, empreints de naïveté et d’une grande tendresse qui se résument à chaque double page en une affirmation de soi: «Je suis Frida-à-papa», «Je suis Frida-bonbons», «Je suis Frida-qui-a-des-ailes», «Je suis Frida-qui-pleure» et qui culminent par un «Je suis Frida-qui-peint». «Je suis Frida Kahlo!», lancé tel un sourire aux lecteurs.
Les étonnantes et très belles illustrations richement colorées de Cara Carmina nous plongent au cœur de l’univers de Frida enfant, mais aussi dans l’univers pictural que développera l’artiste tout au long de sa carrière.
Un album enveloppant, réjouissant, qui surprend et qui nous incite à la réflexion sur l’acceptation de soi, au respect de la différence. Un livre qui nous convie à oser nos vies!
Un album original et à part dans l’univers des livres pour la jeunesse. Un précieux bijou qui vous donnera envie de découvrir avec les enfants de votre entourage les œuvres époustouflantes de Frida Kahlo.
Osez laisser entrer l’art dans votre maison. Vous adorerez!

Faucher, Sophie (2016). Frida, c’est moi (illustré par Cara Carmina). Montréal : Gallimard Ltée Jeunesse -Édito Jeunesse.

SYLVAIN

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