I remember

Devoir de mémoire - Duty of memory / Illustrations par Luc Pallegoix

I REMEMBER

At the beginning of the millennium I came to live in Canada from France, where I was born and raised. Today, for the first time, I am attending the November 11 ceremonies outside of Europe. It is so different. The bilingualism, the national anthem and “God save the Queen” to mention a few, each nation has its own way of remembering. What stands out as different is commemorating outside conflict zones. Here in Canada war is more of an abstract notion. For five years my grandparents lived under the constant threat of bombs on a daily basis, this was not the case in Canada. The sounds of boots on the ground, the raids

and the deafening noise of buildings and bridges crumbling to the ground after a bomb hit them, none of that happened here.

My grandmother had her first child in 1943. She shared a room with a young Jewish woman who had given birth to a little girl as well. A stirring awoke my grandmother around midnight, she noticed a nun wrapping the baby girl in a big blanket while the mother wept, the nun turned to my grandmother and signaled her to be quiet and tell no one, with that she left the room with the baby. In the early hours of that morning, the Nazis came to get the lady and she was never seen again.

Je me souviens

After the war ended my grandmother found the name of the lady who shared her room on a monument dedicated to the deported, it happened to be right in front of my great-grandfathers tomb. It became a ritual for her to stop a moment every time she visited her father’s grave and spend time remembering the young lady. Sometime in the 80’s my grandmother noticed another woman reading the names. She initiated conversation and before long the lady asked her who she was here to remember. It turned out they were there for the same person and even though this lady did not know the person well her eyes filled with tears. She was the baby the nun had wrapped and saved from the concentration camps all those years ago.
I remember.

Lulu

piedTexte & illustrations : Luc Pallegoix ©2015 Traduction : Tammy Bailley

mot_symbole_bil_rgb-wordmark_bil_rgb-fra

Je me souviens

Devoir de mémoire - Duty of memory / Illustrations par Luc Pallegoix

Je suis né en France où j’ai grandi mais au début du millénaire, je me suis établi au Canada. Aujourd’hui j’assistais pour la première fois aux cérémonies du 11 novembre ailleurs qu’en Europe. C’est très différent ! Non pas le bilinguisme, non pas le « ô Canada » ou le « God save the Queen », chaque Nations a ses hymnes et ses façons de faire. Ce qui est très différent, c’est de commémorer de l’extérieur des zones de conflit. Ici pour les civils, vivre la guerre est une notion très différente, plus abstraite. Ce que mes grands parents m’ont dit, le récit de cinq années de vie quotidienne sous les bombes, ici, ça n’a pas existé.

Les bruits de bottes, les rafles, les ponts et les immeubles qui sautent, j’en passe tellement, rien de tout ça n’a été le quotidien, ici.

Mamy a accouché de son premier enfant en 1942. Elle était dans la même chambre qu’une jeune femme juive qui avait accouché dans le même temps d’une petite fille, elle aussi. Vers minuit, ma grand-mère fut réveillée par du bruit dans la chambre. La religieuse emmaillotait l’enfant de la voisine qui pleurait. Elle fit signe à ma grand mère de ne rien dire et disparu avec le nouveau né. Aux petites heures, les nazis vinrent chercher la femme juive, personne ne la revit.

Je me souviens

Après la guerre, ma grand mère a vu le nom de cette femme sur le monuments aux déportés, juste en face du tombeau de mon arrière-grand père. Elle a pris l’habitude de s’arrêter là chaque fois qu’elle allait sur la tombe de son père. Un jour, dans les années 80, ma grand mère trouve là une autre femme en train de lire les noms. Elles engagent la conversion et la femme inconnue lui demande alors qui de la liste lui est apparenté. Elles étaient là toutes les deux pour la même personne, mais la femme du cimetière ne l’avait pas vraiment connu bien qu’elle fondît en larme. La femme du cimetière, c’était l’enfant que la religieuse avait sauvé des camps de la mort, une nuit de 1942…
Je me souviens.

Lulu

piedTexte & illustrations : Luc Pallegoix ©2016

mot_symbole_bil_rgb-wordmark_bil_rgb-fra

Le poète, la poétesse…

Ill. POÉSIE / Luc Pallegoix, 2017.

Le poète, la poétesse 

Le poète est celui qui crée des poèmes. Tu en as certainement déjà lus à l’école ou à la maison. Ce sont généralement de petits textes rythmés, qui riment souvent à la fin de chaque ligne… Ces artistes maîtrisent l’art de combiner les mots, les sonorités, les rythmes pour évoquer des images, suggérer des sensations, des émotions. C’est ce qu’on appelle la poésie.

Les règles en poésie sont multiples. Mais il faut se rappeler qu’elles ne sont, en réalité, que des jeux et des défis lancés d’un poète à un autre ou d’un poète à lui-même. Ce ne sont pas des lois divines, immuables!!! Les variantes sont nombreuses, exactement comme il existe des règlements différents qui régissent le football américain, le soccer et le rugby. Pourtant, il s’agit toujours de sports qui se jouent avec un ballon et, généralement, sur du gazon…

Avec les mots, on écrit des phrases, avec les phrases des textes. Toutes sortes de textes! Le poème, bien qu’il puisse parfois être uniquement verbal ou même fait d’une suite de sons sans signification apparente, est généralement un texte. Un texte avec ses particularités, ses marottes, en voici quelques-unes…

vers

Le vers
Le vers désigne une ligne dans un poème. Attention, chaque ligne n’est pas nécessairement une phrase! Il faut parfois plusieurs vers pour former une phrase!!! Ce qu’il faut retenir comme règle de base, c’est qu’on met généralement une idée par vers!

pieds

Les syllabes ou les pieds
Souvent, mais pas toujours, les vers d’un poème possèdent un nombre de syllabes comptées. Le poète s’amuse à écrire chacun de ses vers selon une règle précise qui appartient à un jeu particulier ou à un type de poème. Un poème en alexandrins, par exemple, est un poème où chaque vers comporte 12 syllabes sonores.

strophe

La strophe
Si on divise habituellement un texte en paragraphes, en poésie, on rassemblera les vers en strophes. Les strophes sont les paragraphes d’un poème.

rythme

Le rythme
Un poème n’est pas une chanson, bien que parfois on puisse chanter un poème!!!! Mais, le secret d’un « bon » poème est souvent son rythme. En jouant avec le nombre de syllabes d’un vers et le nombre de vers, le poète crée un rythme. De petits vers courts donneront l’impression d’un rythme rapide, d’une accélération. Des vers longs donneront l’impression d’un rythme ralenti. Entre les deux, tout est possible!

aliteration

L’allitération.
Voici un grand mot à l’allure fort sérieuse. Pourtant, il désigne un des grands plaisirs de l’écriture poétique. La répétition voulue, à travers les mots d’un vers ou d’un poème, de mêmes consonnes de manière à créer une sensation précise. Pour la douceur, par exemple, on optera pour le « s » qui caresse, soupire et laisse s’épanouir nos souvenirs! Chaque son s’associe aisément à une émotion, une sensation. À toi de découvrir!

Sylvain

Sarcelle — Le chant qui enlève la peur

sarcelleCe conte envoûtant, inspiré de la tradition huronne-wendate, révèle aux petits (et à leurs grands) la voie à suivre pour transformer une peur pétrifiante en de petites plumes chatouillant le ventre.
Un album d’une grande beauté et d’une finesse exquise. Une petite fille et ses peurs, une grand-mère et ses chants… un conte initiatique dont les mots et les images nous portent doucement de la crainte à l’allégresse à travers les songes. Un album au souffle poétique enveloppant.
Si comme moi notre monde vous fait parfois peur, laissez-vous porter par ce récit. Vous en sortirez inévitablement changé et serein, car « (…) l’esprit est comme un cerf-volant dans le monde des rêves. » Chantez et dansez maintenant !

Paré, Hélène (2015). Sarcelle — Le chant qui enlève la peur. Montréal : Planète rebelle.

Sylvain

Acheter ce livre

L’étrange zoo de Lavardens

letrangezooCet album est exquis ! Une courte histoire amusante, finement ciselée, avec juste ce qu’il faut de rebondissements pour nous étonner. À l’instant où l’on croit maitriser l’intrigue, Thierry Dedieu s’amuse de nous telle une gazelle sautillante.
Les illustrations – aussi de Dedieu – sont sublimes : teintes sombres, approche vieillotte, détails succulents. De quelques traits, le créateur nous fait basculer dans un univers d’un autre temps, celui où Monsieur le Vicomte n’avait plus un sou. Mais ça, c’était avant qu’il n’ait l’idée de transformer le parc de son château en zoo ! Une idée fort audacieuse qui, vous ne pouvez même pas l’imaginer, va bouleverser bien des vies…
Vous en dire plus serait un crime de lèse-majesté !
Croyez-moi, on sort de ce livre le sourire aux lèvres et on en recommence la lecture immédiatement. C’est l’album idéal pour vous amuser avec les enfants de votre entourage avec élégance et raffinement. Je parie à l’avance que l’album souvenir qui complète ce livre vous donnera envie de créer votre propre bestiaire familial !
En cette époque où nous jouons à qui mieux mieux avec notre image publique dans les médias sociaux, il est difficile de ne pas se demander après cette lecture si nous ne serions pas tous, au fond, des résidents de Lavardens : des chamoises, des cerfourous ou des ratouzelles qui pavanent avec panache.

Dedieu, Thierry (2014). L’étrange zoo de Lavardens. Paris : Éditions du Seuil.

Sylvain

Acheter ce livre

La négociation…

Ill. POÉSIE / Luc Pallegoix, 2017.

LA NÉGOCIATION

Parfois, on en ignore la raison,
surgissent des complications.
Une mauvaise action,
un geste posé sans réflexion
ou par inattention…
et surgit la confrontation.

Alors certains se «crêpent le chignon»,
d’autres s’engueulent à profusion
ou s’invectivent à coup de gros noms :
«Trognon!» , «Tartampion!»,
et «Gros gibbon!»
ou le plus prisé «Faux jeton!»

Une escalade en tourbillon
qui se terminera, nous le savons,
en queue de poisson.
Personne n’aura raison,
chacun s’ancrant dans ses positions,
bouchant le ciel à tout horizon.

Ne soyons pas polissons
et, avec notre tête, réfléchissons.
Ouvrons donc une discussion!
L’un donne son opinion
et l’autre exprime ses convictions.
Voilà déjà pointer le nez d’une solution!

Sylvain

LES FOURMIS - Le trognon / Illustration Luc Pallegoix

Le jardinier qui cultivait des livres

LeJardinierQuiCultivaitDesLivres.jpgQue dire de ce livre sans vous en dévoiler les secrets? Le titre en lui-même dit tout: Le jardinier qui cultivait des livres.
Un vrai de vrai jardin de livres qui poussent dans la terre. Si cette seule évocation ne pique pas votre curiosité, je ne sais pas si vous avez les enzymes qu’il faut pour absorber la poésie de ce livre!
Tout dans cet album est un pur délice: l’intrigue, la manière d’écrire, les illustrations.
«Il était une fois, un jardinier passionné de livres. Plus que tout, il aimait raconter des histoires aux gens de son village. Il allait même cogner de porte en porte pour lire ses extraits préférés à toute heure du jour et de la nuit. Malgré ses récits captivants, les gens en eurent assez de se faire déranger durant leur sommeil. Si bien qu’ils le chassèrent du village.»
Réfugié dans une vallée éloignée, la vie d’ermite de notre jardinier sera bouleversée par la rencontre d’une petite fille. Ah! Et puis je ne vous en dis pas plus!
Laissez-vous tout bonnement envelopper et bercer par les mots de Nadine Poirier et les illustrations de Claude K. Dubois. Vous ne le regretterez pas, c’est certain. Comme moi, à la dernière page, vous aurez envie de faire un gros câlin aux enfants de votre entourage en soupirant de tendresse: «Hummmm!»
Vraiment, un sublime album. Que dire de plus?

Nadine Poirier (2016). Le jardinier qui cultivait des livres (illustré par Claude K. Dubois). Sherbrooke: Éditions D’eux .

Sylvain

Acheter ce livre