Je me souviens

Devoir de mémoire - Duty of memory / Illustrations par Luc Pallegoix

Je suis nĂ© en France oĂą j’ai grandi mais au dĂ©but du millĂ©naire, je me suis Ă©tabli au Canada. Aujourd’hui j’assistais pour la première fois aux cĂ©rĂ©monies du 11 novembre ailleurs qu’en Europe. C’est très diffĂ©rent ! Non pas le bilinguisme, non pas le « Ă´ Canada » ou le « God save the Queen », chaque Nations a ses hymnes et ses façons de faire. Ce qui est très diffĂ©rent, c’est de commĂ©morer de l’extĂ©rieur des zones de conflit. Ici pour les civils, vivre la guerre est une notion très diffĂ©rente, plus abstraite. Ce que mes grands parents m’ont dit, le rĂ©cit de cinq annĂ©es de vie quotidienne sous les bombes, ici, ça n’a pas existĂ©.

Les bruits de bottes, les rafles, les ponts et les immeubles qui sautent, j’en passe tellement, rien de tout ça n’a Ă©tĂ© le quotidien, ici.

Mamy a accouchĂ© de son premier enfant en 1942. Elle Ă©tait dans la mĂŞme chambre qu’une jeune femme juive qui avait accouchĂ© dans le mĂŞme temps d’une petite fille, elle aussi. Vers minuit, ma grand-mère fut rĂ©veillĂ©e par du bruit dans la chambre. La religieuse emmaillotait l’enfant de la voisine qui pleurait. Elle fit signe Ă  ma grand mère de ne rien dire et disparu avec le nouveau nĂ©. Aux petites heures, les nazis vinrent chercher la femme juive, personne ne la revit.

Je me souviens

Après la guerre, ma grand mère a vu le nom de cette femme sur le monuments aux dĂ©portĂ©s, juste en face du tombeau de mon arrière-grand père. Elle a pris l’habitude de s’arrĂŞter lĂ  chaque fois qu’elle allait sur la tombe de son père. Un jour, dans les annĂ©es 80, ma grand mère trouve lĂ  une autre femme en train de lire les noms. Elles engagent la conversion et la femme inconnue lui demande alors qui de la liste lui est apparentĂ©. Elles Ă©taient lĂ  toutes les deux pour la mĂŞme personne, mais la femme du cimetière ne l’avait pas vraiment connu bien qu’elle fondĂ®t en larme. La femme du cimetière, c’Ă©tait l’enfant que la religieuse avait sauvĂ© des camps de la mort, une nuit de 1942…
Je me souviens.

Lulu

piedTexte & illustrations : Luc Pallegoix ©2016

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Le poète, la poĂ©tesse…

Ill. POÉSIE / Luc Pallegoix, 2017.

Le poète, la poétesse 

Le poète est celui qui crĂ©e des poèmes. Tu en as certainement dĂ©jĂ  lus Ă  l’école ou Ă  la maison. Ce sont gĂ©nĂ©ralement de petits textes rythmĂ©s, qui riment souvent Ă  la fin de chaque ligne… Ces artistes maĂ®trisent l’art de combiner les mots, les sonoritĂ©s, les rythmes pour Ă©voquer des images, suggĂ©rer des sensations, des Ă©motions. C’est ce qu’on appelle la poĂ©sie.

Les règles en poésie sont multiples. Mais il faut se rappeler qu’elles ne sont, en réalité, que des jeux et des défis lancés d’un poète à un autre ou d’un poète à lui-même. Ce ne sont pas des lois divines, immuables!!! Les variantes sont nombreuses, exactement comme il existe des règlements différents qui régissent le football américain, le soccer et le rugby. Pourtant, il s’agit toujours de sports qui se jouent avec un ballon et, généralement, sur du gazon…

Avec les mots, on écrit des phrases, avec les phrases des textes. Toutes sortes de textes! Le poème, bien qu’il puisse parfois être uniquement verbal ou même fait d’une suite de sons sans signification apparente, est généralement un texte. Un texte avec ses particularités, ses marottes, en voici quelques-unes…

vers

Le vers
Le vers désigne une ligne dans un poème. Attention, chaque ligne n’est pas nécessairement une phrase! Il faut parfois plusieurs vers pour former une phrase!!! Ce qu’il faut retenir comme règle de base, c’est qu’on met généralement une idée par vers!

pieds

Les syllabes ou les pieds
Souvent, mais pas toujours, les vers d’un poème possèdent un nombre de syllabes comptées. Le poète s’amuse à écrire chacun de ses vers selon une règle précise qui appartient à un jeu particulier ou à un type de poème. Un poème en alexandrins, par exemple, est un poème où chaque vers comporte 12 syllabes sonores.

strophe

La strophe
Si on divise habituellement un texte en paragraphes, en poésie, on rassemblera les vers en strophes. Les strophes sont les paragraphes d’un poème.

rythme

Le rythme
Un poème n’est pas une chanson, bien que parfois on puisse chanter un poème!!!! Mais, le secret d’un « bon » poème est souvent son rythme. En jouant avec le nombre de syllabes d’un vers et le nombre de vers, le poète crée un rythme. De petits vers courts donneront l’impression d’un rythme rapide, d’une accélération. Des vers longs donneront l’impression d’un rythme ralenti. Entre les deux, tout est possible!

aliteration

L’allitération.
Voici un grand mot à l’allure fort sérieuse. Pourtant, il désigne un des grands plaisirs de l’écriture poétique. La répétition voulue, à travers les mots d’un vers ou d’un poème, de mêmes consonnes de manière à créer une sensation précise. Pour la douceur, par exemple, on optera pour le « s » qui caresse, soupire et laisse s’épanouir nos souvenirs! Chaque son s’associe aisément à une émotion, une sensation. À toi de découvrir!

Sylvain

Sarcelle — Le chant qui enlève la peur

sarcelleCe conte envoûtant, inspiré de la tradition huronne-wendate, révèle aux petits (et à leurs grands) la voie à suivre pour transformer une peur pétrifiante en de petites plumes chatouillant le ventre.
Un album d’une grande beauté et d’une finesse exquise. Une petite fille et ses peurs, une grand-mère et ses chants… un conte initiatique dont les mots et les images nous portent doucement de la crainte à l’allégresse à travers les songes. Un album au souffle poétique enveloppant.
Si comme moi notre monde vous fait parfois peur, laissez-vous porter par ce récit. Vous en sortirez inévitablement changé et serein, car « (…) l’esprit est comme un cerf-volant dans le monde des rêves. » Chantez et dansez maintenant !

Paré, Hélène (2015). Sarcelle — Le chant qui enlève la peur. Montréal : Planète rebelle.

Sylvain

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L’étrange zoo de Lavardens

letrangezooCet album est exquis ! Une courte histoire amusante, finement ciselée, avec juste ce qu’il faut de rebondissements pour nous étonner. À l’instant où l’on croit maitriser l’intrigue, Thierry Dedieu s’amuse de nous telle une gazelle sautillante.
Les illustrations – aussi de Dedieu – sont sublimes : teintes sombres, approche vieillotte, détails succulents. De quelques traits, le créateur nous fait basculer dans un univers d’un autre temps, celui où Monsieur le Vicomte n’avait plus un sou. Mais ça, c’était avant qu’il n’ait l’idée de transformer le parc de son château en zoo ! Une idée fort audacieuse qui, vous ne pouvez même pas l’imaginer, va bouleverser bien des vies…
Vous en dire plus serait un crime de lèse-majesté !
Croyez-moi, on sort de ce livre le sourire aux lèvres et on en recommence la lecture immédiatement. C’est l’album idéal pour vous amuser avec les enfants de votre entourage avec élégance et raffinement. Je parie à l’avance que l’album souvenir qui complète ce livre vous donnera envie de créer votre propre bestiaire familial !
En cette époque où nous jouons à qui mieux mieux avec notre image publique dans les médias sociaux, il est difficile de ne pas se demander après cette lecture si nous ne serions pas tous, au fond, des résidents de Lavardens : des chamoises, des cerfourous ou des ratouzelles qui pavanent avec panache.

Dedieu, Thierry (2014). L’étrange zoo de Lavardens. Paris : Éditions du Seuil.

Sylvain

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La négociation…

Ill. POÉSIE / Luc Pallegoix, 2017.

LA NÉGOCIATION

Parfois, on en ignore la raison,
surgissent des complications.
Une mauvaise action,
un geste posé sans réflexion
ou par inattention…
et surgit la confrontation.

Alors certains se «crêpent le chignon»,
d’autres s’engueulent à profusion
ou s’invectivent à coup de gros noms :
«Trognon!» , «Tartampion!»,
et «Gros gibbon!»
ou le plus prisé «Faux jeton!»

Une escalade en tourbillon
qui se terminera, nous le savons,
en queue de poisson.
Personne n’aura raison,
chacun s’ancrant dans ses positions,
bouchant le ciel Ă  tout horizon.

Ne soyons pas polissons
et, avec notre tête, réfléchissons.
Ouvrons donc une discussion!
L’un donne son opinion
et l’autre exprime ses convictions.
Voilà déjà pointer le nez d’une solution!

Sylvain

LES FOURMIS - Le trognon / Illustration Luc Pallegoix

Le jardinier qui cultivait des livres

LeJardinierQuiCultivaitDesLivres.jpgQue dire de ce livre sans vous en dévoiler les secrets? Le titre en lui-même dit tout: Le jardinier qui cultivait des livres.
Un vrai de vrai jardin de livres qui poussent dans la terre. Si cette seule évocation ne pique pas votre curiosité, je ne sais pas si vous avez les enzymes qu’il faut pour absorber la poésie de ce livre!
Tout dans cet album est un pur délice: l’intrigue, la manière d’écrire, les illustrations.
«Il était une fois, un jardinier passionné de livres. Plus que tout, il aimait raconter des histoires aux gens de son village. Il allait même cogner de porte en porte pour lire ses extraits préférés à toute heure du jour et de la nuit. Malgré ses récits captivants, les gens en eurent assez de se faire déranger durant leur sommeil. Si bien qu’ils le chassèrent du village.»
Réfugié dans une vallée éloignée, la vie d’ermite de notre jardinier sera bouleversée par la rencontre d’une petite fille. Ah! Et puis je ne vous en dis pas plus!
Laissez-vous tout bonnement envelopper et bercer par les mots de Nadine Poirier et les illustrations de Claude K. Dubois. Vous ne le regretterez pas, c’est certain. Comme moi, à la dernière page, vous aurez envie de faire un gros câlin aux enfants de votre entourage en soupirant de tendresse: «Hummmm!»
Vraiment, un sublime album. Que dire de plus?

Nadine Poirier (2016). Le jardinier qui cultivait des livres (illustrĂ© par Claude K. Dubois). Sherbrooke: Éditions D’eux .

Sylvain

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L’araignée

laraigneeLes enfants de votre vie sont intrigués par les petites bestioles croisées, ici et là, au fil des jours? Avec sa série Les petits dégoûtants, Elise Gravel lève le voile avec humour et intelligence sur ces minuscules êtres qui nous entourent.
Cette fois, c’est l’araignée, cette coquine à quatre paires d’yeux, qui voit sa vie dévoilée!
L’araignée est-elle herbivore ou carnivore? Combien pond-elle d’œufs? Dix, trois cents ou mille? Et cette petite dame porte-t-elle des chaussures de princesse? Avec Élise Gravel, tout est possible…
Dessins fantaisistes, matière véridique et propos loufoques s’entrecroisent. Gravel informe et partage sa passion pour les dégoûtants avec un style unique à la fois sérieux et fou.
Les enfants en redemandent. Par chance, la série Les petits dégoûtants ne manque pas de choix. Vous trouverez chez votre libraire : Le pou, Le vers, La mouche, La limace, Le rat et Le crapaud. Des titres aussi savoureux les uns que les autres. Même les grands y trouvent leur compte. Bonne découverte!

Gravel, Élise (2015). L’araignée. Montréal : Éditions la courte échelle.

Sylvain

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