Bouh! Le livre qui fait le plus peur du monde

Bouh!.jpgVous le savez, les enfants adorent avoir peur. Pas pour vrai, juste pour rire!
Voici un «tout-mimi» album qui vous permettra de vous amuser comme un petit fou avec les enfants de votre entourage. Un bijou!
Album tout en noir et blanc (oui, oui!), mais c’est normal puisque qu’il raconte l’histoire d’un enfant fantôme qui fait ses devoirs. Il apprend à faire peur. Mais, au beau milieu de ses apprentissages, sa maman l’invite à venir manger.
Tout au long de l’album, le petit fantôme s’adresse directement au lecteur et les interpelle pour susciter leurs réactions.
Ce livre est fait pour être lu à voix haute par un adulte ou un grand qui aime VRAIMENT raconter des histoires aux enfants!
Ne vous risquez pas à le lire à vos enfants sans l’avoir lu, seul, caché dans votre chambre. Répétez votre lecture. Lorsque le petit fantôme sera bien vivant en vous, présentez-vous devant les enfants en leur proposant deux ou trois titres. Laissez-les choisir. À 98%, ils choisiront Bouh!
Je le sais, car je viens de terminer une tournée d’animations dans des garderies en milieu familial où immanquablement les petits m’ont demandé de le lire. Ils n’ont pas été déçus. Ah! Ah!
Vous allez tellement rigoler avec ce livre. Je vous préviens, vous allez devoir le relire des dizaines de fois! Donc, sachez modifier légèrement votre interprétation à chaque fois pour surprendre votre public. Tout est dans la finale!

Louchard, Antonin (2016). Bouh! Le livre qui fait le plus peur du monde. Paris: Seuil Jeunesse.

Sylvain

Le jardinier de la nuit

JArdinier de nuit.jpgComme le disait le Publishers Weekly, cet album est «(…) un vrai délice pour les yeux, offrant des illustrations dignes d’être observées encore et encore (…)». À vrai dire, après l’avoir lu et regarder encore et encore cet ouvrage, j’en ai même rêvé plusieurs nuits. Et quels beaux rêves!
L’album s’ouvre sur une illustration monochrome qui donne à voir une rue dans la ville de Grimloch, une petite ville grise comme il en existe des centaines.
Tous absorbés par leur train-train quotidien, les habitants ne se doutent pas que le geste d’un seul homme, posé de nuit en nuit, va bouleverser leur vie.
Seul le petit William sera assez attentif pour découvrir l’identité de cet homme mystérieux dont il deviendra l’héritier.
À la nuit tombée, un jardinier inconnu taille le houppier d’un arbre. Au matin, William et ses voisins découvrent que l’arbre de leur rue est devenu un hibou. Le lendemain, un chat apparait dans la rue voisine. Puis, de rue en rue, un lapin et bien d’autres chefs-d’œuvre, dont un époustouflant dragon, redonnent vie à la ville. De nuit en matin, de page en page, la ville prend des couleurs.
Une nuit, William aperçoit un inconnu au bout de sa rue et décide de le suivre. Si c’était lui le mystérieux jardinier? En complicité avec cet horticulteur créatif, William créera une œuvre fabuleuse et apprendra à changer le monde à sa manière.
Un sublime album qui témoigne allègrement de l’influence de l’art sur la vie d’une communauté. Un album qui fait du bien au cœur, à savourer en famille. Si la vie prenait tout à coup un nouveau sens?

Les Frères Terry et Erin Fan (2017). Le jardinier de la nuit. Toronto: Les Éditions Scholastic.

Sylvain

L’enfant qui n’avait jamais vu une fleur

jamaisvudefleur.jpgAndrée-Anne Graton et Oussama Mezher nous proposent une ode à l’espoir!
L’histoire de cet album est toute simple: du fait de son lieu de naissance, la petite Samia n’a jamais vu une fleur. Un vieux monsieur sacrifiera ce qu’il a de plus précieux pour lui faire découvrir la beauté d’un bougainvillier.
La simplicité est le maître mot de ce livre. Car, comment l’auteure aurait-elle pu, sans nous démoraliser à tout jamais, aborder un sujet aussi lourd, laid et déprimant que les camps de réfugiés? Ces lieux sinistres où vivent entassés des centaines de milliers d’humains, dont de nombreux enfants.
Andrée-Anne Graton aborde avec intelligence et finesse tous les aspects de l’horreur de ces camps entourés de barbelés, où les soldats font office d’arbres. Elle plonge au cœur de l’essence humaine, de l’espoir, du pouvoir de l’évocation et du rêve.
Ce livre, vous devez en posséder un exemplaire. Il faut le lire avec tous les enfants de votre entourage. Il sera votre porte d’entrée pour expliquer aux enfants ce qu’ils voient chaque jour à la télé.
Ne soyez pas inquiet, les images de ce livre sont douces, épurées. À vrai dire, ce n’est pas un livre sur les camps de réfugiés, mais plutôt un album sur l’espoir qui naît partout où se croisent les rêves d’un enfant et les souvenirs d’un vieux monsieur.
Un fabuleux éloge de la vie, qui nous donne envie de brasser la cage pour que change notre monde, un petit pot de fleur à la main. Et si demain nous osions semer et planter l’espoir où tout semble gris foncé?
Merci à Andrée-Anne Graton et Oussama Mezher de raviver à notre mémoire le fait qu’un sincère petit geste peut faire toute la différence dans la lutte contre l’horreur!

Gratton, Andrée-Anne (2017). L’enfant qui n’avait jamais vu une fleur (illustré par Oussama Mezher). Montréal: Les Éditions de la Bagnole.

Sylvain

Cœur asile

Ill. POÉSIE / Luc Pallegoix, 2017.

COEUR ASILE

Je suis demandeur…
Demandeur d’asile,
Au pays de votre cœur.
Accoster votre île,
Trouver la douceur.

Je suis demandeur…
Demandeur fébrile,
Avec ses doutes et ses peurs,
Parti en exil,
Pour fuir la douleur.

Je suis demandeur…
Demandeur fragile,
Voulant un peu de bonheur,
Ce truc volatil
De toutes les couleurs.

Je suis demandeur…
Demandeur d’asile,
Au pays de votre cœur.
Serez-vous cette île
À l’œil rieur?

Sylvain

Ill. Coeur asile / Luc Pallegoix, 2017.

Madame Morin bombarde Berlin!

Devoir de mémoire - Duty of memory / Illustrations par Luc Pallegoix

MADAME MORIN BOMBARDE BERLIN

J’ai éclaté de rire en voyant cette vieille affiche! Madame Morin, dessinée avec de belles frisettes, souriante, laissait tomber une énorme bombe de son petit avion.J’ai dévalé l’escalier du grenier en rigolant. «Mais qu’est-ce que c’est que ça, Tata Elsie?», ai-je hurlé. En voyant le visage de ma grand-tante Elizabeth s’assombrir, j’ai eu l’impression d’avoir fait sauter une bombe dans le salon. Sans le savoir, je tenais dans mes mains un bout de l’histoire des femmes canadiennes!

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Je porte le même prénom que ma grand-tante. Je savais qu’elle avait été la première femme ingénieure en aéronautique au monde. Mais je ne connaissais pas son surnom de «Reine des Hurricanes», obtenu à titre d’ingénieure chargée des avions de combat canadiens au cours de la Seconde Guerre mondiale. «Ces Hawaker Hurricanes furent déterminants lors de la bataille d’Angleterre», me dit-elle. Tata était une héroïne de guerre!

Elle m’a alors relaté l’histoire du rôle des femmes pendant les deux grandes guerres et de leurs droits qui y sont étroitement liés.

Tata m’a raconté l’histoire des milliers «d’oiseaux bleus» de la Première Guerre mondiale. Ces infirmières canadiennes surnommées ainsi en raison de leur robe bleue et de leur voile blanc. Elles ont été 2 500 à traverser l’Atlantique pour servir dans les zones de combat.

Elle m’a expliqué le droit de vote qui fut accordé en 1917 à ces «oiseaux bleus» et aux Canadiennes dont les époux, les fils et les frères avaient servi durant la guerre. Une première grande victoire pour les Canadiennes!

Elle m’a longuement appris comment ces guerres avaient profondément modifié le rôle des femmes. Les hommes partis au combat, ce sont elles qui firent fonctionner le pays.

Lors de la Première Guerre mondiale, elles furent près de 30 000 à sortir de leur maison pour travailler dans des usines, des bureaux et des fermes. Durant la Seconde Guerre mondiale, elles furent des centaines de milliers à faire prospérer le Canada. À la fin de ce conflit, les Canadiennes savaient qu’elles pouvaient occuper tous les corps de métier!

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Tata m’a aussi parlé des 50 000 femmes qui avaient servi dans les Forces armées canadiennes de 1941 à 1945. Des mécaniciennes, des arrimeuses de parachutes et des radiotélégraphistes sans qui la Seconde Guerre mondiale n’aurait pas pu être gagnée par le Canada et ses alliés.

Je ne savais pas non plus que Madame Morin, en achetant chaque semaine des «timbres d’épargne de guerre» en faisant son épicerie, avait financé la participation du Canada à la guerre contre les nazis. De son avion, c’est sur une croix gammée qu’elle jetait sa bombe.

Devant moi, ce n’était plus Tata Elsie qui parlait. C’était Elizabeth MacGill, ingénieure de renommée internationale, personnage clé de la Seconde Guerre mondiale et grande militante des droits des femmes depuis plus de 50 ans.

Ce jour-là, j’ai compris l’importance des femmes dans l’histoire de mon pays. Elles avaient osé, elles aussi, défendre ce à quoi elles croyaient, malgré les doutes et les craintes.

Ce fut ma dernière rencontre avec Tata. Elle est décédée le jour suivant, le 4 novembre, «l’œil toujours aussi pétillant», m’a dit ma mère.

La petite Elsie qui deviendra grande, elle aussi.
Décembre 1980

piedTexte : Sylvain Dodier – Illustrations : Luc Pallegoix ©2016

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Le poète, la poétesse…

Ill. POÉSIE / Luc Pallegoix, 2017.

Le poète, la poétesse 

Le poète est celui qui crée des poèmes. Tu en as certainement déjà lus à l’école ou à la maison. Ce sont généralement de petits textes rythmés, qui riment souvent à la fin de chaque ligne… Ces artistes maîtrisent l’art de combiner les mots, les sonorités, les rythmes pour évoquer des images, suggérer des sensations, des émotions. C’est ce qu’on appelle la poésie.

Les règles en poésie sont multiples. Mais il faut se rappeler qu’elles ne sont, en réalité, que des jeux et des défis lancés d’un poète à un autre ou d’un poète à lui-même. Ce ne sont pas des lois divines, immuables!!! Les variantes sont nombreuses, exactement comme il existe des règlements différents qui régissent le football américain, le soccer et le rugby. Pourtant, il s’agit toujours de sports qui se jouent avec un ballon et, généralement, sur du gazon…

Avec les mots, on écrit des phrases, avec les phrases des textes. Toutes sortes de textes! Le poème, bien qu’il puisse parfois être uniquement verbal ou même fait d’une suite de sons sans signification apparente, est généralement un texte. Un texte avec ses particularités, ses marottes, en voici quelques-unes…

vers

Le vers
Le vers désigne une ligne dans un poème. Attention, chaque ligne n’est pas nécessairement une phrase! Il faut parfois plusieurs vers pour former une phrase!!! Ce qu’il faut retenir comme règle de base, c’est qu’on met généralement une idée par vers!

pieds

Les syllabes ou les pieds
Souvent, mais pas toujours, les vers d’un poème possèdent un nombre de syllabes comptées. Le poète s’amuse à écrire chacun de ses vers selon une règle précise qui appartient à un jeu particulier ou à un type de poème. Un poème en alexandrins, par exemple, est un poème où chaque vers comporte 12 syllabes sonores.

strophe

La strophe
Si on divise habituellement un texte en paragraphes, en poésie, on rassemblera les vers en strophes. Les strophes sont les paragraphes d’un poème.

rythme

Le rythme
Un poème n’est pas une chanson, bien que parfois on puisse chanter un poème!!!! Mais, le secret d’un « bon » poème est souvent son rythme. En jouant avec le nombre de syllabes d’un vers et le nombre de vers, le poète crée un rythme. De petits vers courts donneront l’impression d’un rythme rapide, d’une accélération. Des vers longs donneront l’impression d’un rythme ralenti. Entre les deux, tout est possible!

aliteration

L’allitération.
Voici un grand mot à l’allure fort sérieuse. Pourtant, il désigne un des grands plaisirs de l’écriture poétique. La répétition voulue, à travers les mots d’un vers ou d’un poème, de mêmes consonnes de manière à créer une sensation précise. Pour la douceur, par exemple, on optera pour le « s » qui caresse, soupire et laisse s’épanouir nos souvenirs! Chaque son s’associe aisément à une émotion, une sensation. À toi de découvrir!

Sylvain

Sarcelle — Le chant qui enlève la peur

sarcelleCe conte envoûtant, inspiré de la tradition huronne-wendate, révèle aux petits (et à leurs grands) la voie à suivre pour transformer une peur pétrifiante en de petites plumes chatouillant le ventre.
Un album d’une grande beauté et d’une finesse exquise. Une petite fille et ses peurs, une grand-mère et ses chants… un conte initiatique dont les mots et les images nous portent doucement de la crainte à l’allégresse à travers les songes. Un album au souffle poétique enveloppant.
Si comme moi notre monde vous fait parfois peur, laissez-vous porter par ce récit. Vous en sortirez inévitablement changé et serein, car « (…) l’esprit est comme un cerf-volant dans le monde des rêves. » Chantez et dansez maintenant !

Paré, Hélène (2015). Sarcelle — Le chant qui enlève la peur. Montréal : Planète rebelle.

Sylvain

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