Prends ça !

Le rejet / Luc Pallegoix, 2006.

Prends ça !

Grand nez !
Grandes dents !
Peureux, mauviette !
Tête vide !
Qui n’a pas entendu ça ?

Bizarroïde !
Pas rap…!
Allumette, squelette !
Tête de veau !
Qui veut se faire dire ça ?

Navet !
Empoté !
Pédé, tapette !
Tête en l’air !
Qui n’a pas dit ça ?

Lâcheur !
Lèche-cul !
Gros lard, boulette !
Têtes à claques !
Qui n’a pas pleuré pour ça ?

Et si nous étions tous le « rejeté » de quelqu’un ?

Sylvain

Bouh! Le livre qui fait le plus peur du monde

Bouh!.jpgVous le savez, les enfants adorent avoir peur. Pas pour vrai, juste pour rire!
Voici un «tout-mimi» album qui vous permettra de vous amuser comme un petit fou avec les enfants de votre entourage. Un bijou!
Album tout en noir et blanc (oui, oui!), mais c’est normal puisque qu’il raconte l’histoire d’un enfant fantôme qui fait ses devoirs. Il apprend à faire peur. Mais, au beau milieu de ses apprentissages, sa maman l’invite à venir manger.
Tout au long de l’album, le petit fantôme s’adresse directement au lecteur et les interpelle pour susciter leurs réactions.
Ce livre est fait pour être lu à voix haute par un adulte ou un grand qui aime VRAIMENT raconter des histoires aux enfants!
Ne vous risquez pas à le lire à vos enfants sans l’avoir lu, seul, caché dans votre chambre. Répétez votre lecture. Lorsque le petit fantôme sera bien vivant en vous, présentez-vous devant les enfants en leur proposant deux ou trois titres. Laissez-les choisir. À 98%, ils choisiront Bouh!
Je le sais, car je viens de terminer une tournée d’animations dans des garderies en milieu familial où immanquablement les petits m’ont demandé de le lire. Ils n’ont pas été déçus. Ah! Ah!
Vous allez tellement rigoler avec ce livre. Je vous préviens, vous allez devoir le relire des dizaines de fois! Donc, sachez modifier légèrement votre interprétation à chaque fois pour surprendre votre public. Tout est dans la finale!

Louchard, Antonin (2016). Bouh! Le livre qui fait le plus peur du monde. Paris: Seuil Jeunesse.

Sylvain

Le jardinier de la nuit

JArdinier de nuit.jpgComme le disait le Publishers Weekly, cet album est «(…) un vrai délice pour les yeux, offrant des illustrations dignes d’être observées encore et encore (…)». À vrai dire, après l’avoir lu et regarder encore et encore cet ouvrage, j’en ai même rêvé plusieurs nuits. Et quels beaux rêves!
L’album s’ouvre sur une illustration monochrome qui donne à voir une rue dans la ville de Grimloch, une petite ville grise comme il en existe des centaines.
Tous absorbés par leur train-train quotidien, les habitants ne se doutent pas que le geste d’un seul homme, posé de nuit en nuit, va bouleverser leur vie.
Seul le petit William sera assez attentif pour découvrir l’identité de cet homme mystérieux dont il deviendra l’héritier.
À la nuit tombée, un jardinier inconnu taille le houppier d’un arbre. Au matin, William et ses voisins découvrent que l’arbre de leur rue est devenu un hibou. Le lendemain, un chat apparait dans la rue voisine. Puis, de rue en rue, un lapin et bien d’autres chefs-d’œuvre, dont un époustouflant dragon, redonnent vie à la ville. De nuit en matin, de page en page, la ville prend des couleurs.
Une nuit, William aperçoit un inconnu au bout de sa rue et décide de le suivre. Si c’était lui le mystérieux jardinier? En complicité avec cet horticulteur créatif, William créera une œuvre fabuleuse et apprendra à changer le monde à sa manière.
Un sublime album qui témoigne allègrement de l’influence de l’art sur la vie d’une communauté. Un album qui fait du bien au cœur, à savourer en famille. Si la vie prenait tout à coup un nouveau sens?

Les Frères Terry et Erin Fan (2017). Le jardinier de la nuit. Toronto: Les Éditions Scholastic.

Sylvain

L’enfant qui n’avait jamais vu une fleur

jamaisvudefleur.jpgAndrée-Anne Graton et Oussama Mezher nous proposent une ode à l’espoir!
L’histoire de cet album est toute simple: du fait de son lieu de naissance, la petite Samia n’a jamais vu une fleur. Un vieux monsieur sacrifiera ce qu’il a de plus précieux pour lui faire découvrir la beauté d’un bougainvillier.
La simplicité est le maître mot de ce livre. Car, comment l’auteure aurait-elle pu, sans nous démoraliser à tout jamais, aborder un sujet aussi lourd, laid et déprimant que les camps de réfugiés? Ces lieux sinistres où vivent entassés des centaines de milliers d’humains, dont de nombreux enfants.
Andrée-Anne Graton aborde avec intelligence et finesse tous les aspects de l’horreur de ces camps entourés de barbelés, où les soldats font office d’arbres. Elle plonge au cœur de l’essence humaine, de l’espoir, du pouvoir de l’évocation et du rêve.
Ce livre, vous devez en posséder un exemplaire. Il faut le lire avec tous les enfants de votre entourage. Il sera votre porte d’entrée pour expliquer aux enfants ce qu’ils voient chaque jour à la télé.
Ne soyez pas inquiet, les images de ce livre sont douces, épurées. À vrai dire, ce n’est pas un livre sur les camps de réfugiés, mais plutôt un album sur l’espoir qui naît partout où se croisent les rêves d’un enfant et les souvenirs d’un vieux monsieur.
Un fabuleux éloge de la vie, qui nous donne envie de brasser la cage pour que change notre monde, un petit pot de fleur à la main. Et si demain nous osions semer et planter l’espoir où tout semble gris foncé?
Merci à Andrée-Anne Graton et Oussama Mezher de raviver à notre mémoire le fait qu’un sincère petit geste peut faire toute la différence dans la lutte contre l’horreur!

Gratton, Andrée-Anne (2017). L’enfant qui n’avait jamais vu une fleur (illustré par Oussama Mezher). Montréal: Les Éditions de la Bagnole.

Sylvain

Cœur asile

Ill. POÉSIE / Luc Pallegoix, 2017.

COEUR ASILE

Je suis demandeur…
Demandeur d’asile,
Au pays de votre cœur.
Accoster votre île,
Trouver la douceur.

Je suis demandeur…
Demandeur fébrile,
Avec ses doutes et ses peurs,
Parti en exil,
Pour fuir la douleur.

Je suis demandeur…
Demandeur fragile,
Voulant un peu de bonheur,
Ce truc volatil
De toutes les couleurs.

Je suis demandeur…
Demandeur d’asile,
Au pays de votre cœur.
Serez-vous cette île
À l’œil rieur?

Sylvain

Ill. Coeur asile / Luc Pallegoix, 2017.

De la couleur

Les armoiries - Textes et illustration de Luc Pallegoix

DE LA COULEUR

Nous avons vu dans la première étape qu’il y avait le choix pour la forme de l’écu. Poursuivons la composition en voyant quelles couleurs nous pourrions utiliser.

En simplifiant, il y a trois catégories de couleurs nommées les métaux, les émaux et les fourrures. C’est important, parce que la règle de l’héraldique veut qu’on ne mette pas côte à côte ou l’une sur l’autre des couleurs appartenant à la même catégorie.

Pour LES MÉTAUX, c’est simple, il y a l’or et l’argent qui sont en fait le jaune et le blanc.

Pour LES ÉMAUX, c’est un peu plus compliqué. Il y a le gueules (*)  qui est en fait le rouge probablement en raison de la couleur de l’intérieur de la gueule des animaux.Il y a également l’azur qui indique le bleu, comme dans l’expression un ciel azur. Le vert se dit sinople, et le noirsable.

Si les couleurs sont nommées les émaux, c’est peut-être parce que pour colorer les armoiries sur le bouclier d’un chevalier, de la peinture n’aurait pas été assez résistante aux chocs des combats et des tournois. Cela aurait privilégié le choix de la technique de l’émail. Pour ce faire, l’artisan dispose de petites poudres de couleur appelées pigments sur l’objet que l’on veut colorer. Une fois satisfait, l’ensemble est cuit à très haute température faisant prendre aux couleurs tout leur éclat et les rendants très solides. Avec cette technique, il est possible d’émailler différents objets pour fabriquer des bijoux autant que des casseroles colorées qui résistent à la chaleur de la cuisson des aliments, bien moins importante que celle nécessaire pour cuire l’émail.

Pour LES FOURRURES, nous avons le vair et l’hermine.
Comme ce sont des couleurs à motifs, reportez-vous à l’illustration plus pertinente qu’une longue explication. Ajoutons toutefois que l’hermine en hiver est un animal au pelage blanc avec une petite touffe de poils noirs au bout de la queue. En héraldique, cela donnera un fond blanc avec des sortes de mouchetures noires réparties régulièrement. Pour le vair, il s’agit de la fourrure d’un écureuil au ventre plus clair que le dos, le petit-gris. C’est l’association des deux côtés du petit-gris qui donne ce drôle de motif géométrique.

Voilà pour ce qu’il en est de la nomenclature des couleurs en héraldique. À étape suivante de notre exploration, nous verrons  comment les associer sans contrarier les règles qui les régissent. Mais pour l’heure, je voudrais faire part d’une étrange méprise en lien avec ce que nous venons de voir et qui va briser un mythe. Pensez-vous qu’il fut aisé pour Cendrillon de se rendre au bal en pantoufle de verre ?  Bien que nous parlions d’un conte de fée, il apparait peu probable que le matériau fut assez solide et confortable. En fait, les chaussures de la future princesse n’étaient faites du verre dont on fait les bouteilles ou les vitres, mais de vair, la fine et précieuse fourrure du petit-gris. La confusion était facile à faire, mais ce qui est important reste, car la paysanne épouse le prince, ce qui veut que ceux qui s’aiment doivent s’aimer, quiconque soient-ils.

Lulu

(*) En héraldique, le mot gueules prend un « s » même s’il est au singulier.